Forum Alternatif Mondial de l'Eau

Du 14 au 17 mars 2012, à Marseille, se tiendra le Forum alternatif mondial de l’eau. Membre du comité d’organisation et président de la Coordination Eau Île-de-France, Jean-Claude Oliva revient sur les enjeux de cet événement dont les Amis de la Terre sont partie prenante.

L’eau, c’est la vie, mais c’est souvent aussi la mort. La moitié des lits d’hôpitaux dans le monde sont occupés par des malades victimes d’eaux polluées, contaminées. C’est le quotidien des pays les plus pauvres. En France, les nappes souterraines comme les fleuves recèlent des cocktails de pesticides, des nitrates à l’origine de la prolifération des algues vertes, et demain, si l’on n’y prend garde, on y retrouvera le cortège des substances chimiques utilisées pour l’extraction des gaz et huiles de schiste. Cela ne peut être sans conséquences. Qualité de l’eau et santé de la population sont partout étroitement liées.

À cet enjeu social et humain se conjugue le désastre environnemental de masses d’eau dénaturées, de fleuves morts qui n’arrivent plus jusqu’à la mer. Préserver la ressource, c’est garantir l’accès à l’eau potable pour tous les êtres vivants. Les pouvoirs publics se sont le plus souvent avérés incapables de répondre à ces défis. L’alpha et l’oméga de leur pensée et de leur action a été de transformer l’eau en marchandise. Ce sera encore une fois le message sans surprise qui sortira du Forum mondial de l’eau, organisé par le Conseil mondial de l’eau – un organisme présidé par le P.-D.G. de la Société des eaux de Marseille, une filiale de Veolia. On n’est décidément jamais mieux servi que par soi-même !

Ça s’écrit EAU, ça se lit démocratie !

Le Forum alternatif mondial de l’eau (FAME), dont la manifestation principale se tiendra du 14 au 17 mars 2012 au Dock des Suds à Marseille, mettra en évidence les alternatives à cette impasse dramatique. Des alternatives en termes de modes de gestion, comme la remunicipalisation de l’eau à Paris ou des gestions publiques d’un autre type – communautaires et citoyennes – comme celle que soutient Emmaüs-International au lac Nokoué au Bénin. Des alternatives écologiques, également, qui sont autant d’alternatives au modèle industriel au “tout réseau” que nous connaissons dans les pays développés. Sans oublier des alternatives citoyennes, à l’instar du référendum contre les lois de privatisation remporté par le mouvement italien en juin 2011. Bref, le FAME ne sera pas seulement un forum anti-privatisation ou un contre-forum, il a aussi pour ambition de relever le défi de la crise mondiale de l’eau dans toutes ses dimensions.

La suite de cet article dans le dossier « Surconsommation et Eau » du n° 168 de la Baleine (revue des Amis de la Terre).

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