Forum Alternatif Mondial de l'Eau

La reconnaissance par l’ONU du droit à l’eau comme un droit humain fondamental constitue une victoire éclatante, obtenue grâce aux différents mouvements qui l’ont porté partout dans le monde, depuis des années ; on songe par exemple à la guerre de l’eau à Cochabamba en Bolivie et à bien d’autres luttes. Ce droit comprend l’accès à une eau propre et non contaminée, la préservation de la ressource, l’information et la participation des citoyens aux mécanismes de décisions. Il ouvre la voie à l’alternative de l’eau bien commun face à l’eau marchandise.

Cette victoire est une point s’appui pour rendre effectif ce droit partout, au-delà des déclarations d’intention. La déclaration de l’ONU qui est non contraignante, a cependant déjà permis à certaines populations d’avoir gain de cause devant des tribunaux nationaux pour que soit respecté leur droit à l’eau.

Les cinq sessions regroupées sous le thème du droit à l’eau porteront en avant les témoignages et les revendications, les analyses et les stratégies, les expériences et les propositions des acteurs des mouvements sociaux. Il y sera question de l’état des luttes sur les territoires, mais aussi de la mise en adéquation des prises de conscience de l’eau comme bien commun face aux choix politiques et aux priorités économiques qui sont choisies. La question du droit à l’eau sera aussi abordée sous des angles juridiques et législatifs pour construire des synergies autour de la mise en place d’instruments contraignants.

Les partages d’expériences autour des récentes grandes mobilisations populaires pour l’eau seront l’occasion d’échanger sur la stratégie du mouvement pour le droit à l’eau, entre socialisation et dynamique politique. On y verra comment l’eau se fait un catalyseur pour l’exigence de démocratie. Enfin, différents témoignages évoqueront les questions des freins pour la mise en place effective du droit à l’eau, et présenteront quelques exemples réussis de participation citoyenne à la gestion de l’eau.

Les ateliers de la thématique « Droit à l’eau » se dérouleront les 15 et 16 mars:

  • Jeudi 15 mars, 10h-12h30 au Cabaret Rouge 4

Témoignages des luttes locales contre la spoliation de la ressource et pour la reconnaissance du droit à l’eau comme un droit humain fondamental

Face aux pratiques d’accaparement des ressources naturelles qui mettent en danger la ressource et privent les populations locales de l’accès à l’eau, en raréfiant ce bien vital, des luttes se développent partout dans le monde. Ces mouvements contestent les logiques de privatisation, les choix économiques et les modèles qui leur sont imposés, revendiquant leur droit sur les territoires.

Cette session s’ouvrira avec des témoignages sur la Marche pour la Défense de l’eau et de la vie qui s’est déroulé au Pérou en février 2012 puis lui feront échos les témoignages d’autres mouvements en lutte ailleurs dans monde. L’histoire des luttes est rarement écrit par ceux là-mêmes qui la vivent. Ce premier atelier permettra d‘échanger autour des expériences des luttes pour l’eau locales, entre résistance, stratégie et force de propositions.

  • Jeudi 15 mars, 13h-15h30 au Cabaret Rouge 4

L’eau, patrimoine de la terre et bien commun: défense des écosystèmes et du cycle intégral de l’eau

On ne saurait défendre le droit à l’eau, sans avant tout comprendre que l’eau fait partie d’un tout et assumer les conséquences engendrées lorsqu’on brise son cycle et qu’on s’approprie un élément qui, de par sa nature, ne peut être accaparé.

Aujourd’hui, face à des systèmes économiques dominants qui instrumentalisent les ressources naturelles et les épuisent, conduisant à de véritables écocides, nombreux sont ceux qui remettent en cause les choix engagés. La forme d’occupation des territoires, les systèmes de production, les orientations de développement ne sont en effet pas neutres et ont des répercutions certaines sur les écosystèmes. Face à cela, des alternatives existent mais elles engagent une plus grande responsabilité dans la manière de concevoir les écosystèmes et plus grande conscience de la signification du Bien Commun.

Au travers d’angles et de réalités totalement distinctes, des communautés andines où l’eau est gérée de l’amont vers l’aval aux initiatives citoyennes de remunicipalisation de l’eau en Italie, du tracé des propriétés brisant l’intégrité physique des cours d’eau à la privatisation totale au Chili, cet atelier proposera de repenser les crises environnementales et sociales à partir des relations que les hommes, les communautés, et les systèmes économiques tissent avec les écosystèmes vivants. Les intervenants, issus de mondes très différents, échangeront et proposeront des alternatives.

  • Jeudi 15 mars, 15h30-18h00 au Cabaret Rouge 4

Eau et délits: se doter d’outils juridiques pour défendre le droit à l’eau et pénaliser son usage irrationnel

Bien que déplorés, les cas de contamination industrielle ne sont en règle générale jamais sanctionnés ni pris à leur juste mesure au regard des dommages irréversibles causés sur l’environnement et des destructions des modes de vie des communautés. Au cours de cette session, quelques cas de contaminations aussi criminelles que banalisées seront exposés par la voix de ceux qui sont contraints d’en assumer les conséquences sans l’avoir choisi ni provoqué, simplement parce qu’ils vivaient là. Ces témoignages engageront la réflexion sur la faillite des mécanismes légaux qui échouent à protéger les cours d’eau et sur les limites des outils juridiques existants en matière de droit administratif et civil dans la mesure ou ils sont insuffisant pour décourager les pollueurs et ne sauraient restaurer les équilibres rompus. Les intervenants feront des propositions pour réglementer les usages des cours d’eau et pour établir des sanctions contraignantes contre les délits environnementaux.

  • Vendredi 16 mars, 10h00-12h30 au Cabaret Rouge 4

«Ca s’écrit eau, ça se lit démocratie »: mobilisations citoyennes et mouvements sociaux pour le droit à l’eau

Face aux logiques de marchandisation des biens communs et de pillage des ressources naturelles, des mobilisations citoyennes pour défendre le droit à l’eau ont vu le jour un peu partout dans le monde. Dans certains cas, elles ont réussi à mettre en place des mécanismes démocratiques comme le Référendum, dans d’autres cas, elles ont abouti à expulser directement les entreprises privés. Dans tous les cas, c’est dans le processus même de structuration de ces mouvements que s’est construite la légitimité de la parole politique citoyenne. De la Colombie à l’Italie, du Maroc à l’Allemagne et à l’Equateur, cette session propose d’apporter un éclairage sur les dynamiques sociales qui ont fait de l’eau un catalyseur politique et ont permis de structurer des mouvements de résistances contestant les modèles imposés et revendiquant une plus grande participation des citoyens aux décisions et aux choix politiques.

  • Vendredi 16 mars, 13h00-15h30 au Cabaret Rouge 4

La dynamique politique du Droit à l’eau

Il y a parfois loin de la coupe aux lèvres… De la reconnaissance du droit à l’eau à son application effective. Ainsi malgré l’inscription du droit d’accès à l’eau dans la nouvelle constitution marocaine, l’Etat continue de privatiser aussi bien la gestion de l’eau potable que celle de l’eau agricole. Une situation que l’on retrouve dans de nombreux pays. En Italie, le bilan est contrasté au niveau local après le référendum, et la bataille continue aussi au niveau national et européen.

La dynamique politique du droit à l’eau. Quels sont les mécanismes de la confiscation de la gestion de l’eau par quelques-uns ? Et à l’inverse, quelles sont les voies de son appropriation citoyenne ? Cette table ronde intègre aux côtés des militants associatifs de différents pays, des élus qui essaient de faire autrement,  et des jeunes qui ont réalisés un audit à ce sujet dans le cadre des Assises régionales des associations pour l’eau en Île-de-France.

La présentation complète des ateliers « Droit à l’eau »

Categories: Nouvelles du FAME

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