Parallèlement à la prise de conscience des limites des réserves d’eau douce, la pression exercée par les fluctuations du prix des denrées de base et le changement climatique se fait sentir dans le monde. Cette triple crise affecte l’appropriation, l’utilisation et l’attribution des ressources, notamment de l’eau et de la terre. Le changement climatique, associé à la conjoncture actuelle, crée le terreau idéal pour la prolifération des formes, anciennes et nouvelles, de privatisation et d’appropriation des terres à différents niveaux et pour différents motifs, aux dépens des riverains et des peuples du Sud.
La triple crise des ressources entraîne la nécessité de mettre au point des plans mondiaux et nationaux centrés sur le droit à l’eau et à la nourriture pour les humains et le droit à l’équilibre pour la Terre. Les dirigeants internationaux et nationaux ne réagissent cependant pas face au changement climatique. Il est également important, voire nécessaire, de comprendre comment les peuples et les citoyens résistent et luttent contre cette « restructuration des ressources », qui sont les acteurs, quels sont les procédés et les mécanismes. Il faut notamment étudier comment la valeur de l’eau et de la terre a été ajustée aux forces du marché et au capitalisme et donc comment les droits, l’accès, l’utilisation, le contrôle et la propriété des ressources sont (ré)organisés et (ré)attribués selon les mêmes critères.
La COP17, qui a eu récemment lieu en Afrique du Sud, est l’occasion de mettre en lumière les cas particuliers et les expériences de terrain. Ces exemples peuvent à leur tour nous éclairer sur les problèmes liés relatifs à l’eau et aux ressources que rencontrent les citoyens et sur les solutions proposées par ceux-ci, par les dirigeants locaux et nationaux et par les autorités. Le processus de Rio+20 souligne en outre l’urgence de s’attaquer aux questions politiques concrètes, aux alternatives et aux solutions progressistes pour contrer la financiarisation de la nature et les propositions fondées sur le marché pour résoudre la crise multiple de l’alimentation, de l’énergie, du climat et de la finance.
Les ateliers de la thématique « Changement climatique et financiarisation de la Nature » se dérouleront le 16 mars:
- Vendredi 16 Mars de 13h à 15h30, Dock des Suds B
Biens communs contre marchandisation de la vie et de la planète, quelles stratégies et mobilisations des mouvements sociaux et écologiques en direction de Rio+20 et au delà ?
En juin 2012, Rio de Janeiro (Brésil) va accueillir une nouvelle conférence des Nations-Unies pour un Développement Durable (CNUDD) dont le thème principal portera sur « l’économie verte ». Leur économie verte, loin de résoudre la crise globale à laquelle nous sommes confrontés, vise à sauver le modèle capitaliste en crise par la financiarisation et la marchandisation de la nature et des sociétés. Partout sur la planète, des populations se lèvent pour s’opposer à ces logiques et pour promouvoir les biens communs et la justice sociale et écologique.
Lors du Forum Social Mondial de Dakar en 2011, une feuille de route globale, passant par le G8-G20 en France, la COP-17 sur le climat à Durban (Afrique du Sud) et le FAME à Marseille, a été définie pour imposer nos solutions alternatives. Cette assemblée est ouverte à tous les réseaux, organisations et personnes qui le souhaitent, notamment ceux qui sont impliqués dans les luttes pour faire de l’eau un bien commun de l’humanité. C’est un espace et un moment pour échanger nos analyses, pour débattre de nos stratégies et définir un agenda commun d’ici Rio et au delà.
- Vendredi 16 Mars de 15h30 à 18h00, Cabaret Rouge 3
Eau, terre et changement climatique : à la recherche de solutions justes
Cet atelier offrira aux militants et aux spécialistes de terrain de l’agroalimentaire, du foncier, de l’eau et du changement climatique un espace pour parler des problèmes, des stratégies et des luttes, afin de trouver des bases communes pour mettre au point des initiatives et des collaborations. Il se consacrera à l’échange d’informations et à la stratégie.
Il vise notamment à :
– comprendre et décortiquer la nature et les liens de la triple crise des ressources, dans le but collectif de trouver des solutions à son impact dans les pays et sur les peuples du monde entier, plus particulièrement les pauvres et les personnes marginalisées,
– identifier les difficultés et les opportunités locales, comprendre ce qu’elles représentent pour l’action au niveau international et comment combler le fossé entre les efforts nationaux et internationaux d’une part et les solutions proposées au niveau local d’autre part,
– débattre de solutions progressistes et alternatives, comme les efforts locaux d’adaptation pour l’eau et les techniques agricoles écologiques, face aux multiples difficultés de gouvernance rencontrées à la fois au niveau local et mondial.
La présentation complète des ateliers « Changement climatique et financiarisation de la Nature »








