Forum Alternatif Mondial de l'Eau

Un nouveau livre révèle comment les défaillances du secteur privé entraînent des villes du monde entier à reprendre le contrôle de leur eau.

Le Projet services municipaux (MSP) et les Transnational Institute (TNI) et Corporate Europe Observatory (CEO) présentent le livre « Remunicipalisation: Putting Water Back in Public Hands » ce 15 mars à Marseille.

Ce livre, le premier sur le sujet, explore la tendance mondiale croissante de ‘remunicipalisation’ de la gestion de l’eau, qui s’impose surtout à cause du mauvais bilan de la gestion privée des services d’eau dans des villes du monde entier. Inégalité d’accès, promesses d’investissement non tenues, catastrophes environnementales et marges de profit scandaleuses poussent de nombreuses municipalités à agir pour garantir ce service essentiel. Les études de cas proposées dans l’ouvrage analysent la transition du privé au public à Buenos Aires, Dar es Salaam, Hamilton et Paris en plus de se pencher sur une initiative nationale en Malaisie.

« Cette étude très attendue met en lumière les succès et défis actuels liés à la remunicipalisation, et démontre que les fournisseurs publics d’eau peuvent avoir de meilleures performances que les compagnies privées », dit David McDonald, co-directeur du MSP, un réseau de chercheurs qui explorent les alternatives à la privatisation. « Nous espérons qu’elle pourra contribuer à déconstruire une idéologie néolibérale profondément enracinée qui place les profits avant les populations. »

Dans les pays du Sud, la privatisation des services d’eau continue d’être promue par les institutions financières internationales comme solution aux besoins accrus en investissement. Pourtant, ce livre montre que ces privatisations ont eu des coûts sociaux élevés, et ce sans que les problèmes opérationnels et infrastructuraux ne soient résolus. Au contraire, elles ont permis aux entreprises bénéficiaires d’engranger les profits sans contrôle démocratique alors que les gouvernements assument des risques considérables.

La privatisation a aussi déçu dans les pays du Nord. « L’exemple de Paris illustre à quel point la gestion privée de l’eau est généralement coûteuse, opaque et court-termiste », souligne Martin Pigeon de l’organisation bruxelloise CEO. « Deux ans après la remunicipalisation, les gestionnaires publics ont réalisé des économies considérables et opèrent de manière plus transparente, avec une vision de long terme. Cette victoire est d’autant plus importante que des dizaines de contrats de concession d’eau doivent être renouvelés en 2012 rien qu’en France. Au niveau européen, les leçons tirées de ces expériences sont autant d’arguments contre les politiques d’austérité de l’UE visant à forcer la Grèce, le Portugal et l’Italie à privatiser leur eau. »

Selon une experte du TNI, Satoko Kishimoto, « les luttes pour l’eau offrent de réelles possibilités pour les citoyens d’en finir avec la privatisation en plus de participer au développement de compagnies publiques d’eau qui soient démocratiques et répondent à leurs besoins. Nous espérons que ce livre aidera à tirer les leçons de ces expériences et contribuera à orienter le mouvement croissant en faveur des services publics. »

Martin Pigeon, David McDonald et Satoko Kishimoto, qui ont dirigé l’étude, présenteront les résultats de cette recherche lors d’un atelier du MSP au Forum Alternatif Mondial de l’Eau. Jeudi le 15 mars de 15h30 à 18h aux Docks des Suds, Cabaret Rouge 1, Marseille, France.

Tous les détails sur l’atelier et la liste des intervenants

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Contact:

Madeleine Bélanger, Chargée de communications pour le MSP, +33 (0)6 99 89 17 75 ou m.belanger.dumontier@gmail.com

Categories: Nouvelles du FAME

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