Forum Alternatif Mondial de l'Eau

Les participants au FAME organisé à Marseille entre le 14 et le 17 mars, après avoir débattu de la situation de l’eau en Palestine, marquée selon les diverses communications qui y ont été présentées par un véritable « apartheid de l’eau », sont parvenus aux principales conclusions suivantes :

1-   Le  conflit israélo-palestinien a des racines et des raisons essentiellement politiques. L’eau  est cependant au cœur de ce conflit.

2-   En sa qualité d’occupant, il est de la responsabilité d’Israël, en vertu des conventions de Genève,  d’assurer  la fourniture d’eau nécessaire à la population palestinienne occupée.

3-   Israël utilise l’eau dans ce conflit comme arme politique et comme moyen de nettoyage ethnique en recourant notamment aux Ordonnances militaires n° 92 du 15 août 1967 et n° 158 du 30 octobre 1967.

4-   Israël mène une véritable politique « d’apartheid hydraulique » à l’encontre des Palestiniens pour les contraindre à abandonner leurs terres aux colons illégaux. C’est ainsi qu’un Palestinien n’a généralement à sa disposition que le quart de ce que consomme l’Israélien et qu’il lui est même  interdit de recueillir l’eau de pluie.

5-   Le Mur de séparation – ou plutôt de la Honte- considéré comme illégal par les juridictions internationales, sépare les familles,  vole aux Palestiniens leur eau pour en faire profiter les colonies et les empêche de cultiver leurs champs et leurs oliveraies. Ceci est d’autant plus grave que l’agriculture représente 15% du PIB palestinien.

6-   Mekorot – gérant le National Water Carrier  (NWC) – mène vis-à-vis des Palestiniens une politique discriminatoire qui fait dire à ces derniers qu’ils vivent dans « le pays de la soif ».

7-   Israël empêche les Palestiniens d’accéder à un assainissement correct. Ce qui met leur santé en péril et risque de polluer les nappes qu’utilisent tant les Palestiniens que les occupants israéliens.

8-   La situation de Gaza sur les plans de  l’« eau potable » et de l’« assainissement » porte atteinte à la dignité humaine, et est véritablement insupportable.

9-   Les populations nomades vivent des situations intolérables sur le plan de l’eau dont le manque organisé par l’occupant rend leur vie impossible  et décime leur cheptel (accès aux pâturages interdit, )

Pour toutes ces raisons, les participants au FAME condamnent vigoureusement les menées israéliennes, qu’on ne peut considérer que comme criminelles, à l’égard des Palestiniens dans le domaine de l’eau. Ils dénoncent par la même occasion les violations continues du droit à  l’eau des Palestiniens.

Ils demandent la désignation d’une Commission de suivi de cette situation et l’instauration d’un Tribunal International de l’Eau pour mettre un terme à ces dénis de justice.

Ils appellent toutes les femmes et tous les hommes épris de justice et de paix de par le monde à participer à la campagne BDS « Boycott Désinvestissement Sanctions » lancée par la société civile palestinienne en 2005 afin de contraindre Israël à satisfaire les droits fondamentaux des trois composantes du peuple palestinien : les réfugiés, les Palestiniens colonisés (Cisjordanie et Gaza) et les Palestiniens  vivant en Israël même (les Palestiniens de 48).

Ils appellent toutes les femmes et tous les hommes épris de justice et de paix de par le monde à agir auprès de leurs autorités nationales pour faire cesser la situation inhumaine faite aux Palestiniens et mettre un terme à des violations du droit qui menacent la paix dans le monde.

Comme Nelson Mandela, ils affirment enfin que «Notre liberté demeurera incomplète tant que les Palestiniens n’auront  pas récupéré la leur. »

3 Reponses jusqu'ici.

  1. ABD-RABI dit :

    On nous montre des images d’Africains crevant de faim et manquant d’eau potable pour nous culpabiliser, quand la raison est surtout climatique; mais nous savons que des Palestiniens souffrent et meurent tous les jours à cause de la politique honteuse de l’occupant israelien,et ceci à la barbe des puissances du Monde!!!
    C’est au TPI qu’il faut porter plainte contre les dirigeants d’Israel et contre les dirigeants du G20.

  2. Lipszyc dit :

    Vos conclusions sur l’eau en Palestine n’ont aucun rapport avec la réalité sur le terrain, elles ne sont que la reprise de la propagande de certains mouvements palestiniens. Que la situation soit inégalitaire c’est certain. Mais elle est le résultat de l’histoire, pas d’une volonté des Israéliens. Toutes les déclarations israéliennes, et leurs actions sur le terrain ont pour objectif d’arriver à une égalité de fait. C’est l’objectif reconnu par les Israéliens dans les accords d’Oslo et ceux qui ont suivi avec l’Autorité palestinienne comme avec la Jordanie. Simplement on n’y arrive pas du jour au lendemain, d’autant plus quand l’autorité palesitnienne préfère détourner les fonds qui lui sont fournis génreusement par la communauté internationale pour réaliser des projets d’amélioration de leur réseau hydrique vers d’autres usages.
    Je peut vous forunir de multiples exemples de collaborations sur le terrain qui fonctionnent pour le bien des deux populations, ainsi que tous les chiffres qui montrent que les Israéliens vont bien au delà de leurs obligations envers les Palestiniens dans la foruniture d’eau aux populations palestiniennes.
    L’égalité aurait déjà été atteinte si l’Autorité palestinienne avait accepté de laisser la compagnie israélienne des eaux s’en charge, mais elle a préféré affirmer sa souveraineté en prenant les choses à sa charge, ce qui est parfaitement légitime.

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