Forum Alternatif Mondial de l'Eau

Atelier sur Rio+20 – Marseille – 16 mars 2012 – Résumé des discussions !

Il  est  nécessaire  de  développer  une  stratégie  commune  pour  renforcer  les  luttes  contre  la financiarisation, la privatisation, et plus généralement, contre la marchandisation de la vie. Ceci est le point  commun  de  nos  luttes.  L’économie  verte  vise  à  promouvoir  et  institutionnaliser  cette marchandisation, raison pour laquelle nous devons nous mobiliser contre la proposition d’économie verte.

Pour construire cette mobilisation il est essentiel de comprendre et de déconstruire de manière approfondie ce qu’est l’économie verte et de partager largement ces analyses au sein de la population, pour montrer qu’il ne s’agit pas d’un concept abstrait mais qu’au contraire, l’économie verte se concrétise en politiques et actions concrètes de la part des entreprises multinationales, de la finance internationale et des gouvernements.

Nous devons avoir à l’esprit que l’industrie financière (banques, assurances, fonds d’investissements), en alliance avec les multinationales de l’eau, et d’autres, et les gouvernements, sont en train de susciter un nouveau processus agressif de marchandisation de l’eau avec l’arrivée d’immenses volumes de capital financier et spéculatifs qui affectent de manière très négative le fonctionnement des services publics et qui mettent en danger, encore plus, le droit humain à l’eau.

Il est clair que que les entreprises multinationales sont les acteurs majeurs de la poursuite de cette marchandisation. Elles s’approprient tous les aspects de la vie – la nature, l’eau, le travail et les relations sociales. Au même moment, les gouvernements et les espaces de gouvernance mondiale facilitent l’agenda des entreprises multinationales et produisent de nouveaux cadres institutionnels permettant de créer de nouvelles marchandises à partir de la nature et des processus naturels, considérés dorénavant comme  des  services  environnementaux,  des  services  écosystémiques,  et  ainsi,  garantir  le fonctionnement de leurs marchés. Le sommet de Rio+20 est un moment-clef durant lequel ils ont pour ambition d’avancer dans la consolidation et la légalisation de ce processus.

Nous avons déjà avancé sur les alternatives, et nous croyons qu’il est absolument nécessaire de susciter et développer la réappropriation et la gestion locale de la nature, des ressources naturelles et des relations sociales. En conséquence, nous devons initier une nouvelle vision de ce qui est “public” qui soit le reflet d’une véritable construction collective qui est absolument centrale pour nos propositions.

Le mouvement de l’eau a démontré qu’il existe une convergence entre les luttes pour la justice environnementale et pour la justice sociale. Pour cette raison, nous appelons à collectivement renforcer ces luttes tout en nous mobilisant contre l’économie verte, prise comme une forme de marchandisation de la vie et de l’eau.

Concrètement, il est urgent de dénoncer les négociations en vue de Rio+20 et le rôle et l’influence des entreprises transnationales sur ces négociations. C’est pourquoi nous proposons comme actions :

  • Participer au Sommet des Peuples et aux Assemblées des Peuples qui vont se tenir face à la conférence officielle, et appuyer depuis nos pays le jour d’action globale du 20 juin appelé par les organisations brésiliennes et internationales, rendant visibles les liens qui existent avec les luttes que nous menons localement. Par exemple, nous pourrions organiser des actions visant à occuper des entreprises transnationales de l’industrie extractiviste pour dénoncer leurs crimes  économiques, sociaux et écologiques.
  • Participer aux actions de mobilisation autour du 5 juin, en préparation du Sommet de Rio.
  • Impulser un processus de déconstruction et d’analyse largement partagés de ce que signifie l’économie verte, tout en rendant visible nos luttes jusqu’à Rio et au-delà de Rio.

Lyda Forero, Nicola Bullard, Maxime Combes et Tom Kurcharz ont contribué à l’écriture de ce résumé.

1 Reponse jusqu'ici.

  1. […] Compte-rendu de l’atelier sur Rio+20 et ‘l’économie verte“ […]