Forum Alternatif Mondial de l'Eau

DECLARATION DE CAIMANES (CHILI) POUR RIO+20 ET LE SOMMET DES PEUPLES.

En vertu des événements affectant aujourd’hui notre Mère-Terre et dont la communauté de Caimanes est un triste exemple, de part l’atteinte portée à ses droits les plus fondamentaux par la forme d’extractivisme meurtrier exercé par la Mine Los Pelambres. Mine qui, après avoir violemment déplacé les populations rurales, s’est emparé de leur eau, construisant une méga-décharge de déchets toxiques qui pollue l’ensemble de la vallée sous la bénédiction des autorités chiliennes de la Concertation au gouvernement de Sebastian Piñera. Nous souhaitons exprimer nos sentiments à la communauté internationale :

  1. Les fractures et les divisions provoquées dans notre communauté par l’égoïsme de quelques entrepreneurs sans scrupules et l’absence d’un Etat bon et solide, engendre des incertitudes quant au devenir de notre communauté. Nous qui sommes héritiers des territoires du Mauro et de Caimanes, nous ratifions notre droit à une eau non contaminée et notre engagement de lutte pour la vie et pour la survie des futures générations de la vallée du Pupio, dans la province du Choapa, au Chili.
  2. Dans quelques jours, se réalisera au Brésil, la grande rencontre mondiale Rio+20. L’Etat chilien s’y fera complice du maquillage mondial, masquant le pillage des ressources naturelles derrière une mal nommée « Economie verte ». Comme d’autres communautés ailleurs, nous qui avons vécu en chair et en os les conséquences de la soit-disante soutenabilité productive, et qui savons bien qu’en réalité tout ceci n’est qu’une façade derrière laquelle se cachent pollution des eaux, argent sale pour acheter les consciences et criminaliser les mouvements sociaux voire même assassiner par les escadrons de la mort. Nous renouons aujourd’hui avec notre sens de la lutte et de la solidarité pour nos frères et nos sœurs, qu’ils soient mapuches, amazoniens, polynésiens ou autres, comme tous les hommes et toutes les femmes qui portent en eux l’amour de leur terre et de leur communauté, les valeurs du bien vivre et qui, aux quatre points cardinaux de cette planète, sont conscients du moment auquel, nous les êtres humains, nous sommes en train de vivre.
  3. Nous refusons catégoriquement que notre lutte soit instrumentalisée par des institutions, des ONG ou des gouvernements susceptibles de réaliser des accords qui n’aient été au préalable l’objet de consultation auprès des communautés et des travailleurs. C’est nous qui travaillons sur cette terre, c’est nous qui subissons les crises chroniques, provoquées par les puissants de la planète, par les propriétaires du capital, par ceux qui pour nous ici portent le nom de Pelambres et qui ailleurs portent d’autres noms, avec les mêmes conséquences, de violence, de morts et de destruction pour le bénéfice de quelques uns.
  4. Nous lançons un appel aux travailleurs organisés et aussi à tous ceux qui travaillent pour les grandes mines. Aujourd’hui, nous, petites communautés rurales, paysannes et indigènes, déclarons notre souhait d’ouvrir un dialogue avec le monde des travailleurs des mines et leur dire que nous ne pouvons plus continuer à ignorer le vol des biens communs comme l’eau, et nous en faire complice en échange de salaires de privilège. Des salaires qui sont l’apanage de peu et ne justifieront jamais les dommages engendrés et la condamnation de nos territoires. Nous appelons à la conscience de ces travailleurs pour leur proposer ce dialogue et ces réflexions face aux défis qui se pose à nous pour sauver la planète.
  5. En tant que peuple en lutte, nous joignons notre volonté et notre soutien à tous les frères et les sœurs qui se retrouveront au cours de cette rencontre mondiale du sommet des peuples de Rio+20. Nous reconnaissons en vous l’alternative de la voix des communautés en résistance sur la planète et nous confions que vous saurez faire échos à la voix de notre petite communauté ; que les voix ne seront pas seulement celles des Etats, des corporations, des ONG et des agences d’intelligence déguisées en institution pour la vie ou sous des discours d’économie verte, ceux-là-mêmes qui ont en réalité pour objectif détruire notre terre mère.

Vive ceux qui luttent pour un monde meilleur pour tous !

Depuis Caimanes, Région de Coquimbo, Province du Choapa, Chili

Comité de Défense Personnelle et de Contamination de Caimanes
Contact: 93694160

Vidéo Témoignages de Caimanes

Video Les damnés de l’eau

Categories: Histoires d'Eau

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