Forum Alternatif Mondial de l'Eau

Aujourd’hui 29 mars, plus de 500 personnes ont protesté dans la ville de Dragecit contre le projet destructeur du barrage d’Ilisu. Les manifestants souhaitaient se rendre au chantier du barrage, mais la police les en a empêchés.

Les manifestants provenaient de diverses provinces concernées par le barrage. Ils se sont rassemblés dans la petite ville de Dragecit, à partir de laquelle ils voulaient marcher vers le chantier distant de 12 km. Ils portaient des pancartes avec les slogans  « nous allons faire de notre terre, de l’énergie et de l’eau des biens communs et construire une vie démocratique et libre », « sans nature, pas de vie », « non aux usines hydroélectriques et aux barrages »,  « Dragecit ne veut pas de barrage ».

Les manifestants ont exigé que l’Etat, les entreprises et les travailleurs abandonnent immédiatement la construction du barrage parce qu’il amènerait un désastre écologique, social et culturel pour toute la région. Hatice Gevcan, co-président de la DBP de Dragecit et un membre actif de « Initiative to Keep Hasankeyf Alive » originaire de Batman, ont de plus insisté sur l’opposition au barrage d’Ilisu de toute la population de Dragecit et de la zone concernée, et sur le fait que le climat des négociations en cours entre le mouvement politique kurde et le gouvernement turc serait altéré par cette affaire qui aggraverait le conflit politique et militaire existant comme il a pu être constaté précédemment.

De même, un membre actif du réseau Ekopotamia a insisté sur l’idée que pour le capitalisme l’être humain et la nature sont des objets d’exploitation. A l’appui de cette vision des choses, se retrouve l’Etat-nation qui détruit la nature et la culture depuis des siècles. En conséquence de quoi la lutte doit être menée contre le système politico-économique existant.

Cette protestation s’est inscrite dans la Journée d’action contre les barrages destructeurs au Kurdistan sous domination turque, concomitante avec la « Journée internationale contre les grands barrages » du 14 mars et a été coordonnée par le réseau Ekopotamia dont fait partie « Initiative to Keep Hasankeyf Alive ». Dans cinq lieux différents des milliers de personnes ont condamné la politique de l’Etat turc qui ne tient pas compte de l’opinion des habitants de la région.

Information complémentaire

Le barrage d’Ilisu, financé par la banque BBVA à travers sa filiale Garantibank, menace les moyens d’existence de 80000 personnes, les sites les plus riches du patrimoine culturel comme l’ancien mausolée de Hasankeif vieux de plus de 10000 ans et l’écosystème du fleuve Tigre, encore vivant. Dans le passé, la construction du barrage d’Ilisu a été interrompue à quatre reprises pour des causes diverses, la dernière fois pendant l’été 2014, mais l’Etat turc a repris la construction et a fortement militarisé le site.

Initiative to Keep Hasankeyf Alive

Categories: Histoires d'Eau

Comments are closed.